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La simplicité volontaire : Glacier ou glaçon ?

C’est devenu un truisme, on brûle la
planète par tous les bouts et forcément elle se réchauffe. Faut-il attendre
ou faut-il agir ? Les adeptes de la Simplicité Volontaire ont décidé d’agir.
Pas par altruisme, mais parce qu’ils pensent que privilégier l’être sur
l’avoir, le simple sur le complexe est une manière de vivre mieux et plus
sereinement. Quelle est l’ampleur de ce mouvement ? Va-t-il empêcher les
glaciers de fondre ?
J ean-Pierre
et Nathalie sont de nouveaux adeptes de
la simplicité volontaire,
la SV. 57 et 54 ans, leurs
deux enfants sont maintenant autonomes financièrement. Leur maison est
devenue bien trop grande pour eux. JP se dit qu’il a travaillé dur et qu’il
pourrait peut être prendre du bon temps. Tant pis pour les annuités perdues
et la retraite plus modeste. Ils pourraient vendre la maison et s’installer
dans un appartement plus petit et confortable. Ils n’ont pas vraiment besoin
d’aller chaque année en vacance dans l’hémisphère sud. Ils peuvent consommer
moins... Depuis quelques temps, Nat et JP parcourent les forums* de la SV.
Au milieu de tous ces jeunes adeptes écolos et alter mondialistes, JP
retrouve des idées enfouies depuis longtemps dans sa mémoire.
Le mouvement
Les adeptes du mouvement pour la simplicité volontaire
se proposent de réduire leur dépendance à l’argent, à la vitesse, à la
compétition... pour libérer du temps. La simplicité volontaire est un style
de vie choisi pour des raisons très diverses : spiritualité, santé, qualité
de vie (moins de stress, temps pour la famille, les amis), convictions
politiques, goût personnel... La SV n’est normalement pas un ascétisme
impliquant de grands sacrifices. C’est un mouvement qui se veut tolérant : à
chacun sa simplicité. La SV n’implique pas, par exemple, l’adhésion à l’idée
de
décroissance.
Selon ses adeptes, il faut créer un effet
débond
par opposition à l’effet rebond des économistes
libéraux. Exemple : L’achat d’une voiture plus sobre réduit les dépenses en
carburant. Si l’économie réalisée permet de réduire son temps de travail.
Ceci entraîne une seconde réduction des dépenses en carburant...
Son origine
L’origine du mouvement peut se trouver chez les
philosophes grecs, Socrate, Epicure. On parle aussi de Tolstoï, Thoreau,
Gandhi, Ivan Illich, Bergson... On trouve pour la première fois l’expression
"simple living" dans un article de Richard Gregg, un disciple de Gandhi.
L’expression « voluntary simplicity » est connue depuis le livre éponyme
publié en 1981 par Duane Elgin. Ce courant se développe depuis les années
1980 dans plusieurs pays industrialisés. Il est arrivé en France par le
Québec avec des penseurs comme
Serge Mongeau,
les
éditions Écosociété...
Comme toutes les tendances qui nous viennent de l’ouest anglo-saxon, il faut
qu’elle s’adapte à nos différences. C’est peut-être ce qui est en train de
se passer.
Pratiques
Les pratiques sont très diverses. Elles vont de
simples réduction de son train de vie pour pouvoir profiter du temps libre,
avoir plus de loisirs, développer des activités de création artistique ou de
à des engagements plus militants et idéalistes comme les SEL, les
Systèmes Locaux d’Echange.
Se
désencombrer des papiers, des produits d’entretiens, des vêtement qu’on ne
porte plus, des livres lus, avoir recours aux transports collectifs, aux
piscines, aux bibliothèques...La SV peut amener à une recherche
d’autosuffisance, faire soi-même au lieu d’acheter, jardiner, cuisiner,
coudre. Aménager sa maison de ses mains et de préférence en favorisant les
solutions écologiques... Ressortir les bonnes veilles méthodes
soixante-huitardes. Bref souvent des approches simples et pragmatiques
plutôt que des grandes déclarations d’intention militantes.
Est-ce que ça marche ?
C omme
Staline questionnait le nombre de divisions du pape, on peut s’interroger
sur le nombre de volontaires actifs en face des chaînes de distribution et
de toutes les sirènes de la consommation. La période de Noël est un bon
exemple du succès toujours vif de tous les excès guidés par une pub
omniprésente et bien ciblée.
La critique est facile. On peut par exemple penser que la SV est un
mouvement élitiste, un mouvement pour bobos qui abandonnent facilement la
résidence secondaire ou le bateau.
Pourtant simple ne veut pas dire facile. Si l’idée est séduisante pour bon
nombre d’entre nous, surtout en ces périodes de stress économique, il n’est
pas si aisé de couper avec la routine, c’est une lutte de chaque jour. Pas
simple non plus de convaincre ses enfants qu’ils doivent dédaigner les
produits de marques, ne pas acheter la dernière console, le dernier jeu
vidéo... Et comme on ne veut pas les désavantager alors on cède.
Une chose est sûre, même si le Grenelle de l’environnement tient ses
promesses, que les députés votent des lois hardies, que d’autres pays nous
suivent, ce ne sera peut-être pas suffisant. Un plus d’engagement individuel
vers la simplicité ne peut pas nuire. Et il paraît qu’on prend goût à la vie
simple, que c’est comme pour la cigarette, après un effort et quelque temps
d’arrêt on se demande comment on a pu être pareillement accro.
ET SI TOUT LE MONDE EMETTAIT MOINS DE
CO2 !
vREAGISSEZ !
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